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La branche française de la famille Schömbs

Cliquer pour tracer les ancêtres de Johan Adam Schömbs




Historique de la branche française et parisienne de la famille Schömbs

family foto
9 novembre 1839

C'est la date d'arrivée d'Adam Schömbs, notre aïeul, en France et plus particulièrement à Paris. C'est à partir de cette date qu'il donnera naissance à la branche française et parisienne des descendants de Mathias Schömbs.

Cette date est attestée par le visa « N° 85 de la Légation Grand Ducal de Hesse à Paris pour séjourner en cette ville ». Visa apposé sur la page de son passeport ou Livret de circulation. Ce livret de circulation prouve qu'Adam faisait partie du Compagnonnage.

adams paß adam paß #2
paß #2
Passeport allemande de Johan Adam Schömbs
En haut a droite: image de Mannheim (1836) et Heidelberg (1828). Cliquer sur l’image pour agrandir.
En bas à droite Image de visa N° 85. Cliquer sur l'image pour agrandir.


En 1815,
Adam Schömbs est né le 17 septembre 1815 à Dorn-Dürkheim. Fils de Mathias Schömbs (né en 1787 à Friesenheim, charron de métier) et de Marie Catherine Weber (née en 1792 à Darmstadt, sans profession).

En 1835,
Adam continu son apprentissage commencé chez son père en entreprenant un voyage initiatique au travers d'une partie de l'Europe, comme l'indique son passeport. Stuttgart, Ulm, Augsbourg, Munich, Zurich, Lucerne, Berne, Fribourg… sont les villes où il passera pour apprendre son métier de carrossier.

En 1839,
il se fixe à Paris et s'établit le 1er février 1840 au 94 rue de la Pépinière dans le 8ème arrondissement et se déclare « menuisier en voitures ou carrossier ».

Mariage le 30 novembre 1847, à la mairie du 10ème arrondissement de Paris, Adam prend pour épouse Henriette Marie Louise ILLIG, âgée de 30 ans et née à Darmstadt (Grand Duché de Hess) le 14 février 1817. Elle est sans profession.

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Certificat de mariage
d'Adam Schömbs et Henriette Marie Louise Illig
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Au moment de leur mariage, ils demeurent tous les deux au 29, rue de Babylone. Trente trois mois avant leur mariage, était né Pierre Henri (23 février 1845) qui sera donc le premier descendant de Zacharias Schömbs à naître en France et plus exactement à Paris.

Ce mariage régularise une situation particulière d'autant qu'une future naissance est prévue (mai 1848).

Henriette Marie Louise était la fille de Ludwig Illig, fabricant de papier connu à Erbach. Il devint en 1824 « Courrier du Domaine du Grand Duché de Hesse ». Il mourut à Darmstadt en 1834 et son épouse émigra en 1856, avec son fils Carl, de Paris vers les Etats Unis.

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Cette page du passeport montre la visite d'Adam a Dorn-Dürkheim en 1854
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Le 19 décembre 1854
Adam retourne à Dorndurkheim pour un séjour qui durera jusqu'au 29 décembre 1854. Il semble que ce sera sa dernière visite en Allemagne. L'objet de cette visite était, sans doute, de régulariser un problème d'impôt lié aux biens de ses parents. (Peut-être pour aussi régulariser la situation de sa belle famille Illig ?).

(Re-Key the German document here. I will have Monica and Martin translate it. )

Le 27 mai 1848,
naît le 2ème fils d'Adam et d'Henriette seulement sept mois après leur mariage. Est-ce la régularisation d'une situation délicate ou l'enfant était-il prématuré ? Ils lui donnent comme prénom Charles Adam. Nous seront ses descendants directs.

En 1863,
alors qu'ils demeurent au 103, rue de Sèvres, Adam et Henriette signent un acte de location de deux logements au 55, rue de Sèvres et d'un terrain ou ils pourront établir un hangar pour des ateliers de carrosserie, une forge et un entrepôt de voitures.

Il est intéressant de constater sur l'acte de location que le loueur signe de trois croix, alors qu'Adam signe de son nom. Sa belle signature prouve qu'il savait lire et écrire.

Une police d'assurance souscrite à « La Paternelle » le 22 février 1860, pour une durée de 10 ans, donne un schéma du lieu d'implantation.

Les documents présentés semblent ne pas correspondre. La police d'assurance date de 1860 et l'acte de location date de 1863. Pourtant, les adresses sont identiques !!!

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1863 Contrat de bail de 55, rue de Sèvres
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Dessin de la propriété dans la police
d'assurance datant de 1860
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En 1908
Adam Schömbs est né en 1908. A ce moment nous ne savons pas quand sa femme Henriette est morte et où ils sont enterrés.


La deuxième génération des parisiens

Charles Adam Auguste Schömbs

Charles Adam, fils d'étranger non naturalisé aura la chance d'être dispensé du service militaire français ce qui, pour le futur, aura d'heureuses conséquences. Il habitera avec son frère au 79, rue de Grenelle dans le 15ème arrondissement et exercera le métier de son père.

Il fait la connaissance de Marie Joséphine Hortense Fournier, blanchisseuse, âgée de 20 ans (née le 22 septembre 1848 à Coutoire Hamel dans la Somme – France). Elle demeure boulevard de Montrouge au n° 40 (14ème arrondissement).

Ils se marient le 29 avril 1869 à la mairie du 14ème arrondissement et reçoivent, ce même jour, la bénédiction nuptiale à l'église réformée de Paris.

Ils reçoivent ce même jour une bible sur laquelle Charles Adam consignera les événements familiaux principaux, naissances et décès.

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Documentation du mariage d'Adam Schömbs
et Josephine Hortense Marie Fournier
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Certificate de mariage
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Charles et Josephine auront 7 enfants dont 3 décèderont prématurément (*)

  • Henri Charles Albert (1870-1877) 7 ans (*)
  • Marie Rosine Hortense (1872-1878) 6 ans (*)
  • Charles Edmond Jules (1875-1963) 88 ans
  • Henriette Zoé Charlotte (1878-1963) 85 ans
  • Julie Marie Louise (15/02/82-17/02/82) 2 jours (*)
  • Edmond Louis Auguste (1883-1962) 79 ans
  • Louis Henri Adam (1889-1963) 74 ans

Les textes écrits dans la Bible familiale consignant les actes de décès de certains membres de la famille et écrits par Adam Schömbs sont de véritables poèmes

« Aujourd'hui, 16 juillet 1877, jour de douloureuse mémoire, j'enterre mon garçon Henri Charles Albert Schömbs décédé le 14 juillet 1877 à 5 heures du soir à l'âge de 7 ans 3 mois.
« Mon pauvre petit. Le seul regret que j'ai, c'est de ne pas t'avoir toujours contenté dans ta courte vie. Et pourtant tu étais bien simple. Pardonnes-moi ».

« Ce 2 juillet 1878, presque une année après la douloureuse séparation de mon garçon Henri, je conduis à sa dernière demeure ma fille chérie Rosine Marie Hortense Schömbs décédée le 30 juin 1878 à 11 heures du soir à l'âge de 6 ans moins 14 jours ».
« Ta courte vie n'a été qu'une longue souffrance et au moment ou je te croyais sauvée, la mort implacable t'a enlevée à notre affection et à notre amour. Tu es près de ton frère. Sois heureuse avec lui ».

« Le 18 février 1882, je conduis près de ses frère et sœur, ma fille regrettée Rosine Marie Louise Schömbs, décédée le 17 février 1882 à 6 heures du matin à l'âge de 2 jours ».
« Petite fleur à peine éclose, tu nous a quittés trop vite pour pouvoir t'admirer, mais nous t'aimons tout de même. Repose doucement près de tous ceux qui nous sont chers en nous attendant ».

« Le 16 novembre 1908. Mon épouse regrettée quitte ce monde pour toujours, après une longue vie de travail et de fidélité. Marie Joséphine Hortense Fournier ».
« Ainsi tout passe sur la terre, Amour, fidélité, dévouement, Belle fleur éphémère qu'emporte le moindre vent ».

La souche parisienne de la famille Schömbs est ainsi constituée :
test La famille de Charles Adam et Marie Hortense Schömbs
En arrière : Charles (1875/1963), Louis (1889/1963), Henriette (1878/1963) and Edmond (1883/1962)
A l'avant : Marie Hortense (1848/1920) and Charles Adam (1848/1920)
Cliquer sur l’image pour agrandir.

La photo semble avoir été prise vers l'année 1905
Louis doit avoir 16 ans ; Charles, 30 ans ; Henriette, 27 ans ;
Edmond, 22 ans ; Marie Hortense et Charles Adam 57 ans

A la date de leur mariage (jeudi 29 avril 1869) on peut supposer que Charles Adam exerce son métier avec son père et que Marie Hortense commence le sien (blanchisseuse) avec sa belle mère qui est établie au 1 rue de la Bienfaisance, 8ème arrondissement.

1869,
est une année qui va changer le cours de l'histoire de la France impériale. Napoléon III prend des décisions qui vont entraîner le pays dans la guerre. Et c'est à ce moment que Charles Adam à la chance d'être un fils d'étranger non naturalisé. Il ne participera pas à la guerre qui va être déclarée contre la Prusse. En 1870, les prussiens, les russes et autres vont envahir la France et déposer l'empereur Napoléon III. Ils encerclent Paris. Charles et Marie Joséphine ainsi que son père Adam et sa mère Henriette Marie Louise vont vivre des années difficiles.

Comment, en tant qu'allemand, ont-ils vécus ? Quels étaient leurs rapports avec la population Parisienne ? Et comment ont-ils vécus le début de l'année 1871, une période des plus tragiques de l'histoire parisienne, une guerre civile entre français, qui va générer la Commune sous les yeux de l'occupant. Comment ont-ils vécus sous les bombardements, entre les barricades, les restrictions ? Aucun document ne relate cette période. Seuls deux documents datés du 15 février 1871 donnent une information, les laissez-passer délivrés par les autorités françaises et allemandes à Adam.

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1871 permission de passage des autorités français
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1871 permission de passage de l'autorités allemandes (occupantes)
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Il semble, à l'examen de ces documents, que leur travail ne soit pas perturbé puisqu'Adam est autorisé à sortir de Paris (par la porte de Vitry) pour se rendre à Brétigny (Brétigny-sur-Orges, au sud de Paris) pour « affaires commerciales ».

Question :
Brétigny-sur-Orges est à plus de 30 kms de Paris. Comment a-t-il effectué ce voyage et en combien de temps?

Remarque :
Sur le laissez-passer français, présence de 2 cachets. Sur le laissez-passer allemand les cachets sont identiques aux cachets français mais écrits en allemand (représentation de la République française !!!).

En 1871,
Adam à 56 ans. Jusqu'à quelle date va-t-il exercer son métier ? Il est possible que son fils Charles Adam travail avec lui et qu'il lui transmette les rennes de l'entreprise.

En 1891 et 1892,
Charles Adam est bien responsable de l'entreprise mais comme « Charron associé » de Schömbs Pierre Henri son frère (né à Paris en 1845, dans le 10ème). Un avertissement pour payer la « patente se rapportant à l'année 1892 » le démontre.

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1892 avertissements pour payer publié au journal
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1897 avertissements pour payer publié au journal
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Cependant, en 1897, un avertissement pour payer des contributions personnelle-mobilière et des patentes est émis à l'encontre de Schömbs, domicilié 5, rue de Vienne, 8ème arrondissement, profession charron.

Cet avertissement semble concerner un local (ateliers, maison d'habitation et autres ?) situé au 6, rue Bargue, 15ème arrondissement. Là ou serait née Henriette en 1878.

Une carte de visite indique effectivement que les locaux professionnels se situent bien à cette adresse :

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Une carte de visite indique effectivement que les locaux professionnels se situent bien à cette adresse :
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Elle indique aussi que l'entreprise fonctionne, à cette adresse, sous la dénomination : « SCHÖMBS PERE ET FILS ».

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Charles Schömbs au travail
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On peut voir sur cette photo le type de voiture hypomobile que l'entreprise de Charles Adam et son père fabriquait.

Le 1, rue de la Bienfaisance,
De son coté Marie Hortense exerce son travail de blanchisseuse de « fin » au 1, rue de la Bienfaisance, Paris 8ème. La date d'implantation de la blanchisserie n'est pas déterminée. Elle a peut-être été ouverte du temps de Marie Joséphine.

Un avertissement pour payer « patente » de 1883, atteste la localisation de la blanchisserie ainsi qu'un reçu de 1886. Même si l'adresse exacte n'est pas indiquée, l'avis est émis par le bureau des contributions directes du 8ème arrondissement, quartier de l'Europe.

Il devrait être note sur le document ci-dessous que Paris avait 2.210.831 habitants en 1886.

Le 1, rue de la Bienfaisance va devenir un lieu de résidence pour la famille et de naissance pour Julie, Edmond et Louis. Cependant, il semble improbable que toute cette famille ai pu vivre dans une seule pièce attenante à l'atelier de blanchisserie. Dans certains documents il est fait état du 5, rue de Vienne (accessible par une cour depuis le 1, de la rue de la Bienfaisance) où il aurait pu exister un appartement.

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Note et recette datant de 1886
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Devanture de la blanchisserie au 1, rue de la bienfaisance vers 1900
On peut reconnaitre Marie Hortense (2ème à gauche), Louis
assis et Edmond (à droite) au milieu des ouvrières blanchisseuses
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En 1900,
Marie Hortense à 52 ans. Elle dirige la petite entreprise. On suppose que sa fille Henriette (22 ans à cette époque) travaille avec elle car c'est elle qui prendra la responsabilité de la blanchisserie. A quel moment ? Peut-être à partir du décès de sa mère en 1920. Cette responsabilité, Henriette l'exercera jusqu'au 26 décembre 1941. Date à laquelle elle transmet ses pouvoirs à son frère Louis, ne pouvant les exercer elle-même du fait de son incarcération pour fait de résistance. Libérée en 1944 à l'arrivée des troupes américaines, elle ne reprendra pas ses activités. Elle a alors 66 ans et est très diminuée physiquement. La blanchisserie sera fermée.

La troisième génération de Parisiens

En 1900,
les enfants de Charles et Marie Hortense sont adultes ou en passe de l'être. Charles a 25 ans, Henriette 22 ans, Edmond 17ans et Louis 11 ans. A ces quatre enfants, il faut rajouter deux cousines, Eugénie et Célestine (mariée Haguet Henri) filles de Pierre Henri Schömbs né en 1845 à Paris, (Il n'existe pas de document permettant d'apporter des informations sur la vie d'Henri Schömbs). L'une ou l'autre habitait rue Clouet dans le 15ème arrondissement.

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On reconnait de gauche à droite : Eugénie et Louis Schömbs, Célestine Schömbs et son mari Henri Haguet. Edmond, Eugénie, Louis et Célestine Schömbs (future Madame Haguet)
Les cousines étaient sans doute couturières à domicile.

Charles Edmond Jules Schömbs (1875/1963)

Le 1er décembre 1896, il se trouve à Châlons sur Marne en tant que militaire au 25ème régiment d'artillerie. Dans sa lettre il fait part de ses difficultés à monter à cheval et des séquelles que cela laisse à son séant.

Le 14/09/1898, il est toujours à Châlons. Il écrit à son père « … lorsque je serai sorti du régiment tu pourras juger si je ne me conduis pas en garçon sérieux pour me rattraper de tout ce que j'ai pu faire avant !!! ».

En mars 1900, il se trouve au Havre. Il est installé dans un hôtel. Dans une lettre à son père il lui réclame « … de bien vouloir me rapporter de Vaugirard du cuir pour que je puisse réparer mes chaussures. Je t'envoie la mesure de mes semelles… et prends des clous de la grandeur que je te dessine pour éviter qu'ils ne dépassent de l'autre coté comme la dernière fois. »

La suite de l'histoire prouve qu'il s'est bien assagi.

C'est lui qui, le 17 novembre 1908, règle les obsèques et frais d'inhumation de sa mère, Marie Hortense, au cimetière d'Yvry, commune où se trouve encore aujourd'hui le caveau de famille.

En 1963, au moment de son décès, il habite rue Dulac (Paris 15ème) avec sa femme Suzanne et sa fille Henriette.

Il occupait de hautes fonctions au sein des Chemins de fer Français. Sa femme Suzanne était sans profession et sa fille Henriette a fait carrière dans la banque.

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On peut identifier sur la photo suivante, circa 1911:
Au 1er rang Henriette fille de Charles et de Suzanne Schömbs.
Au 2ème rang Célestine Schömbs/Haguet - Louis Schömbs
et Suzanne mère d'Henriette.
Au 3ème rang, on suppose Henri Haguet mari de Célestine.
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1919 dessin de Charles Schömbs
pour sa mère
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Un dessin réalisé en 1919 et signé Charles Schömbs est dédicacé à sa mère Eugénie ? Est-ce le bon Charles dont nous venons de parler ? Si c'est sa mère ce n'était pas Eugénie mais Marie Hortense !!!

Il avait un bon coup de crayon.

Henriette Zoé Charlotte Schömbs (1878/1963)

Sans doute la femme la plus exceptionnelle de la famille. Plein d'anecdotes tournent autour de sa personnalité. Pour la génération suivante (André, Eliane Alain) c'était « Tante Henriette ».

C'est grâce à Tante Henriette qu'aujourd'hui nous pouvons relater les événements de la famille Schömbs depuis 1830. Elle a eu la bonne idée de réunir et de conserver des documents anciens et un grand nombre de photos. Elle a été relayée dans cette action par son frère Louis et son neveu Alain qui détient aujourd'hui ce trésor familial.
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Henriette en 1916, elle a 38 ans
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Carte d'adhérente au Club des Ondines
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Henriette en tenue de bain
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Femme intelligente elle s'était constituée une remarquable bibliothèque de livres anciens (certains datant des XVème, XVIème, XVIIIème siècles. Hélas, une partie de cette bibliothèque fût détruite lors d'une inondation de l'immeuble ou elle habitait dans les années 50 (106, rue du Ranelagh, PARIS 16ème).

Née en 1878 (rue Bargue dans le 15ème), elle va aborder le XXème siècle avec des idées novatrices. Elle a été une des premières femmes à faire partie d'une société nautique et d'avoir fait la traversée de Paris à la nage (6 km dans la Seine). Femme élégante (comme ses cousines) elle ne manquait pas de charme. Bien que jamais mariée, elle n'en était pas moins courtisée comme le montre quelques correspondances conservées.

A coté de son travail à la blanchisserie elle voyage. On retrouve dans les archives plusieurs correspondances qui donnent des indications sur ses destinations :

  • une lettre adressée à son père, datée du 14 juillet 1914, envoyée de Suisse. Elle est à Berne puis Zermatt. Elle effectue une randonnée sur le Cervin et se retrouve à 4 000 mètres.
  • le 13/09/1926, son frère Louis lui envoie une lettre dont l'adresse est située à Biskra, Algérie (poste restante).
  • enfin, une carte postale, datée du 14 mai 1937, postée d'Amsterdam, adressée à son frère Louis. Elle y écrit un message laconique « pluie, mais pas froid… ».

1939,
à l'entrée en guerre contre l'Allemagne, elle va s'engager dans la Résistance pour mener une lutte clandestine contre l'envahisseur. Elle est arrêtée le 21 juin 1941 pour distribution de tracts, affichages la nuit et réunions clandestines anti-allemandes et anti-vichystes (contre le régime de Pétain).

Internée jusqu'au 29 juin à la prison de la Petite Roquette puis à celle de Fresnes, elle est transférée à Rennes (Ille et Vilaine). Elle y sera libérée le 4 août 1944 par l'arrivée des troupes américaines mais ne reviendra à Paris que le 5 janvier 1945.

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Card d'internement d'Henriette issue par le gouvernement de Vichy
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Ministre de Justice, documentation sur l'internement d'Henriette
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A 67 ans elle revient grandement handicapée (un rein en moins) et aura du mal a reprendre une vie normale (elle a liquidé sa blanchisserie). Elle résidera jusqu'à son décès chez son frère Louis au 106, rue du Ranelagh Paris 16ème.

Epoque douloureuse pour la famille. Cependant, deux anecdotes nous font sourire aujourd'hui. Ces anecdotes se situent en 1944. Au moment de la débâcle des allemands. Aline Schömbs, belle sœur d'Henriette, avait reçu l'autorisation de lui rendre visite. Elle est accompagnée de son fils Alain. Toujours à la recherche d'aliments divers (restrictions obligent), elle rapporte à l'hôtel une boîte de lait concentré sucré. Elle rend visite à Henriette et laisse Alain à l'hôtel avec la boite de lait… Il lui a fallu quelques minutes pour ouvrir la boite et ingurgiter le contenu… De toute son enfance (7 ans) il n'avait goûté un tel délice.

Dans la même période, c'est son frère Louis qui reçoit l'autorisation de lui rendre visite. Il emmène son fils Alain. Toujours à la recherche de victuailles, Louis trouve une tête de veau. Bien enveloppée, elle fera bien le voyage de retour à Paris. C'était sans compter les aléas du transport. Une chaleur torride, des arrêts de train continuels et longs (voie ferrée bombardée). Il fallu 24 heures pour rejoindre la capitale. Arrivé à la maison, Louis est fier de présenter son acquisition à sa femme Aline. Elle déballe la tête de veau… Celle-ci était envahie par des asticots qui avaient proliférés pendant le voyage. Immangeable ? En temps de disette, inacceptable. Un bon lavage au vinaigre… la tête fût dégustée pendant plusieurs repas.

Edmond Louis Auguste Schömbs (1883/1962)

Son métier était tapissier-décorateur mais il n'a pu l'exercer qu'après la guerre de 14/18. En effet, il faisait partie de ces hommes qui sont nés au mauvais moment. Appelé sous les drapeaux en 1909 pour son service militaire, il en sera libéré 3 ans plus tard. Mais en 1914, il est rappelé et envoyé au front.

Blessé à la tête, alors qu'il défendait une position avec le restant de son groupe le 25 aout 1914, il est évacué dans un hôpital ou il sera soigné jusqu'en septembre 1915. Ne pouvant être renvoyé sur le front (sa blessure lui a provoqué une surdité importante), il sera affecté dans un groupe d'aviation en tant que mécanicien. Libéré à la fin de la guerre, il sera cité à l'Ordre de la Division pour « avoir prit le commandement de son escouade quoique blessé »…

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Edmond en Février 1915
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Récapitulatif de ces
différentes affectations
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Certificat de mérite au première guerre mondiale
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Né à Paris dans le 14ème, il se marie à Salomé BRECHEISEN. Ils ont un fils André et habitent au 110, boulevard de la Chapelle dans le 20ème arrondissement de Paris.

Il exerce son métier de tapissier-décorateur à Paris. Son atelier est situé rue des Islette à deux pas de son domicile. Sa réputation l'amène à exécuter des chantiers importants en particulier celui du Château de la Muette à Paris.
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De droite à gauche 2ème rang : Edmond, sa sœur Henriette,
un inconnu et son frère Louis
De droite à gauche 1er rang : son fils André, une inconnue,
sa femme Salomé et une inconnue
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Edmond sur la moto de son fils André
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Louis Henri Adam Schömbs (1889/1963)

C'était, paraît-t-il, le chouchou de la famille. Sans doute parce qu'il sera le dernier de la famille. Il naît un 5 décembre à 7 mois. Voulait-il entrer dans la vie la même année que la Tour Eiffel ? Plus certainement à cause de l'âge de sa mère qui, à sa naissance, avait 41 ans. A cette époque il était rare qu'une femme mette au monde un enfant si tard surtout après tant de grossesses.

C'est sa sœur Henriette (11 ans à ce moment) qui s'occupera de lui et qui, toute sa vie, lui portera une grande affection si ce n'est de la vénération (qu'elle reportera sur son neveu Alain). .

Dès sa naissance et compte tenu de sa fragilité, il est élevé dans du coton (il paraît qu'on le mettait dans une boîte à chaussures). Et comme c'était l'hiver, il était tenu près du poêle sur lequel étaient chauffés les fers à repasser des ouvrières de l'atelier de blanchisserie.

Sa naissance prématurée ne l'a pas empêché de devenir un bel homme. Adoré de sa sœur et de ses cousines, il les faisait virevolter dans les bals de la capitale. Il est à remarquer que Louis est le seul homme de la famille à ne pas avoir le visage des Schömbs mais celui des Fournier (sa mère).

Son enfance et son adolescence se passent, semble-t-il, normalement au milieu de sa famille. Quelques exceptions, des bagarres avec ses amis de l'école publique et laïque contre les élèves de l'école privée et catholique.

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Louis et son frère Edmond
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Louis, sa barbe et son cheval
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Il exercera la profession de comptable.

Nous le retrouvons en 1909 année de sa mobilisation pour effectuer son service militaire. Il est libéré en 1912. Mais, comme son frère Edmond, il va subir de plein fouet la tourmente de la Grande Guerre. Il est rappelé en 1914 et ne sera libéré que le 29 mars 1918. Affecté dans l'artillerie il a combattu à l'arrière des troupes d'infanterie. Les deux frères vont se retrouver sur le front comme le montre la photo suivante. A cette époque, Louis portait la barbe.

Entre son service militaire et sa mobilisation pour la guerre il se marie le 8 mars 1913 à Louise Maria PREAUX (née le 17 mars 1883 à Sermaize Les Bains dans la Marne, divorcée de Jean Murer). Son mariage durera jusqu'au 1er juillet 1930 date du décès de son épouse. Ils n'auront pas d'enfant.

En 1934,
il effectue un voyage en URSS. Il écrit à sa sœur Henriette le 24 avril 1934 « En mer sur l'Alexi Rykov… En ce moment nous voguons vers Petrograd dans le golfe de Finlande… Bientôt Léningrad… ».

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Louis et son épouse Louise Maria Préaux alors qu'il est en permission en 1915
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Passeport de Louis et visa des autorités soviétiques pour son entrée en URSS
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Photo de Louis en 1935
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Son passeport indique qu'il habite encore au 5, rue de Vienne, Paris 8ème.

En 1935, une photo le situe bien à cette adresse, tout au moins dans la cour commune des immeubles de la rue de Vienne et de la rue de la bienfaisance.

Sur la photo on distingue bien la porte donnant sur l'arrière de la blanchisserie.

Un commentaire au dos de la photo : « La vie n'est pas gaie après la bombe. C'est le travail… Et surtout ne croyez pas que le « raclage des petits radis roses soit chose facile ». Fait en l'an de grâce 1935. Une compatissante.

test Louis (à droite) avec sa femme Aline (Augustine) et son frère Edmond
sur la passerelle qui enjambe la ligne de chemin de fer « Porte d'Auteuil-Gare St Lazare » (la petite ceinture) aujourd'hui disparue. Cette passerelle, au bout de la rue du Ranelagh, donnait accès au Bois de Boulogne.
Cliquer sur l’image pour agrandir
Depuis son adolescence il exerce la profession de comptable dans différentes entreprises. La guerre de 39/45 ne lui est pas favorable. Il se retrouve au chômage ou effectue des travaux aléatoires.

Il s'occupe de la blanchisserie de sa sœur Henriette qui lui a donné tous pouvoirs pendant son incarcération.

Sa gestion semble être bonne car un ami de la famille, Arthur Féore, écrit à Henriette le 4 janvier 1944 « … la blanchisserie marche comme sur des roulettes. On y fait la queue pour apporter le linge. Ce pauvre Louis devra bientôt faire appel à la garde mobile pour canaliser et discipliner ce flot humain. C'est donc cousue d'or que vous nous reviendrez ». C'était sans doute pour donner du courage à Henriette qui, toujours internée, venait de se faire enlever un rein.

Il est aussi impliqué dans quelques actions clandestines contre l'occupant. A la fin des hostilités, il entre dans une banque comme comptable jusqu'à sa retraite.

Remariage :
Le 4 juin 1936, il épouse en deuxième noce Augustine Mercier, née le 28 avril 1900 à Briennon dans la Loire. Ils habitent dans le 18ème arrondissement, au 12, rue Fauvet.

Ils resteront peu de temps à cette adresse et iront se loger au 106, rue du Ranelagh dans le 16ème.

Augustine est plus communément appelée Aline.

Deux enfants seront issus de cette union. Eliane, née à Paris dans le 14ème et Alain, né dans le 18ème.

A partir de 1937,
le 106, rue du Ranelagh devient le lieu géographique principal de la famille. Un peu comme le fut le 1, de la rue de la Bienfaisance.